Le général Lechevallier

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Le général Lechevallier

Message par vol de nuit le Dim 30 Avr - 14:01

dans les rétros du premier JUILLET 2011



Le général Lechevallier passe en revue les troupes du 1er régiment des chasseurs parachutistes, un régiment qu'il commanda quand il était encore à Souge. photo DR


Le général de corps d'armée Jacques Lechevallier a fait ses adieux aux armes à Bordeaux, au cours de la cérémonie du 14 Juillet 2011. Pour l'occasion, cette dernière sera présidée par le chef d'état-major de l'armée de terre, le général d'armée Elrick Irastorza. Officier général de la zone de défense et de sécurité du Sud-Ouest, commandant la région terre Sud-Ouest, le général Jacques Lechevallier avait pris ses fonctions à la fin de l'année dernière après un an passé en Afghanistan.

« Sud Ouest ». Cinq soldats ont été tués hier en Afghanistan. L'armée française paye un lourd tribut.

Général Lechevallier. Un officier, trois sous-officiers et un militaire du rang, ainsi qu'un interprète afghan, ont perdu la vie alors qu'ils participaient à une mission de sécurisation d'une chourah. Quatre autres militaires ont été blessés, ainsi que trois civils afghans. Permettez-moi de profiter de cette tribune pour dire ma peine et leur rendre un hommage appuyé, à leurs frères d'armes, à leurs familles. Nos soldats font là-bas un travail remarquable, ils remplissent leur mission avec efficacité, courage et professionnalisme, dans un contexte extrêmement difficile. Ce sont des héros.

Pensez-vous qu'ils soient assez soutenus par les Français ?

Les Français ne comprennent pas toujours les raisons de leur engagement. Tout comme ils ne mesurent pas toujours l'importance des enjeux. Ceux-ci dépassent le seul problème des talibans. Ils sont géopolitiques. Il ne faut pas sous-estimer la menace terroriste ni les risques de déstabilisation de la région, où il y a - il ne faut pas l'oublier - des puissances nucléaires. Il ne faut pas non plus perdre de vue le fait que 92 % de la production mondiale d'opium provient de cette zone.

Depuis le début de l'année, les forces françaises sont très sollicitées. Existe-t-il un risque de surchauffe ?

Au niveau national, nous avons actuellement 50 % de plus de capacités engagées qu'il y a un an. C'est énorme. Mais au-delà de ce chiffre, il faut voir l'exigence que cela impose sur la disponibilité des personnels et des matériels pour l'ensemble des trois armées.

Aujourd'hui, nous avons quelques perspectives d'allégement des dispositifs en Afghanistan et en Côté d'Ivoire, notamment. Ces évolutions sur les théâtres d'opération devraient nous permettre de récupérer un peu de capacités. Nous sommes sur un rythme soutenu, mais pas excessif ; on ne peut pas parler de surchauffe.

Ces interventions coûtent cher. Ne pèsent-elles pas trop lourd sur le budget des armées ?

Ces choix sont ceux du gouvernement. Mais il ne faudrait pas que les surcoûts de ces opérations soient pris sur les enveloppes consacrées au renouvellement et à l'entretien des matériels ou qu'ils nous amènent à des sacrifices en termes de masses salariales.

C'est l'un de nos soucis. C'est pourquoi le mode de financement des Opex (opérations extérieures) a été rénové dans le cadre de la loi de programmation militaire 2009-2014, avec un relèvement de la provision budgétaire initiale et un financement des surcoûts éventuels sur la réserve de précaution interministérielle.

En plus des opérations extérieures, les armées continuent à intervenir sur le territoire national. Vous êtes aujourd'hui sollicités pour les transports de paille. En avez-vous encore vraiment les moyens ?

Nous essayons effectivement d'apporter notre soutien aux agriculteurs de la région en fonction de nos capacités. Les Français imaginent que leurs armées sont encore constituées de gros bataillons. Aujourd'hui, nous avons huit fois moins de camions qu'en 1976. L'armée de terre a engagé dans ses opérations extérieures l'équivalent des moyens de 10 régiments.

Dans ces conditions, nos capacités sont relativement limitées, et nous n'avons pas à entrer en concurrence avec d'autres organismes, d'autres entreprises qui peuvent faire ce travail. Nous offrons aussi quelques capacités de stockage, on ne peut pas trop nous en demander.

Quel bilan tirez-vous aujourd'hui de la mise en place de la réforme des armées que vous avez conduite dans la région ?

La réforme a été lancée en 2009. Elle sera terminée aux alentours de 2014. Sur la zone de défense Sud- Ouest, qui regroupe Aquitaine, Poitou-Charentes, Limousin et Midi-Pyrénées, le dispositif de bases de défense a été mis en place comme sur l'ensemble du pays. Je suis très satisfait de tout le travail qui a été réalisé jusqu'à ce jour.

La réforme n'est pas terminée, mais je crois qu'elle est bien comprise. En revanche, je pense que les Français n'ont pas vraiment saisi son ampleur. Ce n'est pas seulement une réforme, c'est un véritable changement de culture : les armées travaillent désormais ensemble de façon très étroite.

Tout le monde ne partage pas votre analyse. Certains civils se déclarent ouvertement inquiets, mais des militaires aussi se disent plus discrètement préoccupés. Qu'en est-il ?

Il est normal qu'il y ait des inquiétudes. La plupart sont liées au fait que cette réforme va très vite.

Certains nouveaux systèmes d'information ne sont pas encore tout à fait au point, et nous connaissons ainsi, par exemple, encore des difficultés dans la gestion et le suivi des dossiers administratifs. Nous avons mis en place un dispositif de retour d'expérience qui nous permet de corriger le tir quasiment en temps réel. Je pense que tout cela va rentrer dans l'ordre petit à petit. Je reste relativement optimiste.

Recueilli par Pierre Tillinac

vol de nuit

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