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    augereau jacky

    Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 64 le Ven 11 Jan - 10:12

    Indochine.. La RC4 vue par un voyageur..... retour dans le temps .....

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    Indochine.. La RC4 vue par un voyageur..... retour dans le temps .....

    Message par junker le Ven 1 Fév - 18:42


    Indochine : Arrêt sur image...

    Poma : retour sur un raid réussi mais mal exploité...


             Ceux qui s’intéressent de près aux combats de la RC 4 savent que quelques jours avant le drame de Coc Xa, le groupement placé sous les ordres du Lcl Le Page avait effectué un raid dans une cuvette située au Nord-est de That Khê, en zone frontière avec la Chine. Lors de ce raid, de nombreuses informations recueillies permirent de conclure que le Viet Minh s'était considérablement renforcé et qu'après la chute de la citadelle de Dong Khê, il était probable que l'effort allait être porté sur That Khê car Cao Bang était un objectif trop gros pour lui.

    Ainsi qu'on le sait, en dépit de leur richesse, ces renseignements ne furent jamais exploités par le commandement qui persista à poursuivre son plan d'opération, comme si de rien n'était. Plus que les erreurs tactiques ou les insuffisances qui émaillèrent la suite de l'opération c'est à mon sens, dans cette non prise en compte des données de renseignement que réside la plus grosse faute qui puisse être déplorée dans cette affaire...
    Si les témoignages du Lt Stien et du S/Lt de Pirey nous apportent la vision des exécutants, le récit fait par le Lcl Le Page dans son livre "Cao Bang" se révèle très intéressant par les détails qu'il procure... C'est précisément ce récit utilisé pour resituer le combat sur le terrain lors de la randonnée qu'Antoine et moi avons fait un dimanche en direction de Poma et qui nous a permis de revenir sur les traces de nos anciens, que je livre ci-dessous en l'illustrant comme d'habitude avec nos photos...


    Récit du Lcl Le Page :

    " Le 23 septembre le Groupement reçoit l’ordre d’effectuer un raid sur la cuvette de Poma, où, suivant des renseignements recueillis par le 2° Bureau de la zone, transiteraient de Chine d’importantes forces Viet-Minh. Poma est un village situé au sud d’une large cuvette à proximité de la frontière de Chine. Distant d’une dizaine de kilomètres de That Khê il est relié à la RC 4 par une route, qui desservait le poste de Ban Mé et celui même de Poma depuis longtemps évacué."



    Agrandir cette image

    Carte 1/50 000° de la zone That Khê - Poma

    Nota : on distingue donc trois compartiments de terrain distincts :
    - la cuvette située au nord du poste de Ban Mé, poste encore occupé par les Français en septembre 1950 mais qui devait être pris par le Viet Minh dans les dernières heures avant l'évacuation de That Khê ;
    - l'étroite vallée de Mau Dot ;
    - la cuvette de Poma contrôlée par un poste qui avait été abandonné en mai 1949 après une brève occupation de 14 mois.
    La frontière chinoise n'est qu'à quelques kilomètres et si on continue vers le nord en direction de Talung, on traverse plusieurs vallées qui toutes coulant vers la Chine constituent des axes de pénétration traditionnels au Vietnam. Ces vallées orientées Ouest - est ont vu passer au fil des ans les invasions chinoises, les Pavillons noirs, les troupes nationalistes en retraite puis les hommes du Viet Minh à partir de 1949, les divisions chinoises en 1979 et enfin les contrebandiers et trafiquants de drogue d'aujourd'hui...

    "Dans la matinée un Morane atterrit sur le terrain d’aviation de That Khê. Il amène le colonel Constans qui vient sur place, donner ses dernières instructions sur le raid. Je vais l’accueillir. A sa descente d’avion, entrant tout de suite dans le vif du sujet, il me tend un rhodoïd, sur lequel figure schématiquement la région de l’opération. Des flèches au crayon rouge convergent sur Poma, en partant de Ban Mé à l’Ouest et à l’Est de la route. Il me dit : « Je vous passe ce schéma. Bien entendu vous êtes responsable. A vous de décider. »
    D’un coup d’œil, j’ai vu le schéma. Il est classique, tout à fait orthodoxe, dans le style « Ecole de guerre ». Le colonel est breveté. Mais pour ma part, bien certain que, dans ce terrain de calcaires et de broussailles inextricables, si je m’écartais de la route je ne retrouverais pas mes bataillons à l’heure dite et qu’il faut aller vite et miser sur la surprise, je réponds : « Mon colonel, pour moi, il n’y a pas de problème. On part de nuit et on prend tout bonnement la route. On procède par dépassements successifs. Deux bataillons ou tabors ouvrent la route puis assurent le recueil. A l’aube au débouché de la route dans la cuvette, un tabor à gauche, le 1er, le BEP à droite, après un large mouvement en tenaille, ratissent le terrain et se replient ensuite sur l’axe de recueil. La manœuvre est simpliste, mais il s’agit d’un va et vient, à mon avis, c’est la seule valable. »
    Sceptique, le colonel réplique, de toute sa hauteur, avec un sourire inspiré qu’il voudrait quand même bienveillant : « Je vous l’ai dit, vous êtes responsable, vous déciderez. »
    Les unités sont alertées. Au début de l’après midi un briefing réunit les chefs de bataillon ou de tabor et leur adjoint. Le départ s’échelonne à partir de 23 heures au black out, point initial Ban Mé – ordre de marche 11 ème Tabor, 8 ème RTM, BEP  et 1er Tabor.
    Le 11ème Tabor ouvrira la route dès le départ de Ban Mé, il tiendra les calcaires immédiatement au nord du poste (côte 694), il prolongera sa mission de couverture, en liaison avec le 8 ème RTM, qui s’installera dans les calcaires de Mau Dot et dans ceux de Ben Bai, de façon à tenir le débouché de la route dans la cuvette. La mission apparemment la plus facile a été confiée au 11 ème Tabor, qui récemment débarqué, n’a pas encore été engagé."



    En fond de tableau, au nord de Ban Mé, les hauteurs de la côte 694
    - Secteur du 11° tabor -
    (Vue prise vers le Nord)


    Le secteur de Mau Dot au sud du poste de Poma
    - 8° RTM, en recueil du 1er tabor et du BEP -
    (Vue prise vers le Sud)



    Le secteur de Mau Dot au sud du poste de Poma
    - 8° RTM, en recueil du 1er tabor et du BEP -
    (Vue prise vers le Sud)

    "Le BEP devra avoir atteint Po Tchang (NE de la cuvette) et le 1er Tabor l’ancien poste de Poma avant l’aube.
    Au lever du jour, les deux bataillons exécuteront une manœuvre en tenaille, le premier en direction du Nord-ouest, le second en direction du Nord, qui englobera toute la cuvette. Après avoir fait liaison ils se replieront en ratissant le terrain et rallieront ensuite la route. La manœuvre rapidement menée devra être, en principe, terminée avant midi. L’ordre de repli sera donné par le commandant du Groupement.
    Le PC du Groupement est installé à Ban Mé, ainsi qu’une section d’artillerie de 105 mm. Un PC avancé avec le commandant La Bataille fonctionnera, au jour, au débouché de la route dans la cuvette."



    Vue sur la cuvette de Ban Mé depuis l'emplacement de l'ancien poste
    - Positions PC Le Page et Appuis d'artillerie (540 / 665) _-
    (Vue prise vers le Nord)


    Vestiges du poste

    "La marche d’approche et la mise en place du dispositif sont réalisées comme prévu, au cours de la nuit, sans le moindre incident.
    Le 1er Tabor arrive au village de Poma aux environs de 5 heures. Le 59 ème goum occupe, vers 6 heures, l’ancien poste militaire. Il surprend bientôt, à proximité, une unité VM en cours de rassemblement, qu’il prend immédiatement sous le feu de ses FM et de ses mitrailleuses. Les Viets se dispersent avec de lourdes pertes. Des vivres, des obus de 75 de marque chinoise, des munitions d’armes portatives et de nombreux documents sont récupérés."



    Le village de Poma et sur la hauteur l'emplacement de l'ancien poste
    - Position PC avancé du Cdt La Bataille et mortiers 81 mm 1er Tabor -
    (Vue prise vers le Sud)


    L'emplacement de l'ancien poste de Poma




    "Le 60 ème goum progresse vers le Nord en direction de Bokai mais, dès l’approche des calcaires, il est soumis à des tirs de 12,7 et à des tirs de mortiers. L’intervention de notre artillerie réussit à neutraliser deux mitrailleuses. Mais la position est quand même trop fortement tenue pour que l’on puisse sans trop de dommages en déloger les défenseurs."


    L'axe de progression du 1er Tabor en direction de Bokai
    situé derrière la ligne de crète


    "Le goum tentera alors de s’installer sur un calcaire qui ne semble pas occupé, immédiatement au Sud-ouest de celui que tiennent les Viets. En s’y rendant, il tombe sur une colonne de porteurs de munitions d’artillerie. Surpris, les coolies affolés abandonnent leur chargement et se dispersent dans la brousse, tandis que l’escorte se précipite vers le calcaire, que le goum se proposait d’occuper. Le combat s’engage, mais les Viets ont de l’avance et y arrivent les premiers. Aussitôt installés ils couchent au sol, au FM, les goumiers qui les poursuivaient.
    C’est peu après qu’intervient l’ordre de décrocher. Les sections prises sous le feu nourri de leurs adversaires, se sont dispersées pour être moins vulnérables, dans la brousse, très dense à cet endroit. Elles sont invisibles et il faut un certain temps pour leur transmettre l’ordre de repli et regrouper les hommes. La dernière touchée est celle de l’adjudant-chef Loubes, un goumier chevronné. Ses ordres donnés, celui-ci est resté en arrière, pour répondre aux appels d’un goumier blessé, qu’il aide à repartir. Mais à ce moment là, s’abat sur eux un tir de mortier, tiré de Bokai. Un obus éclate juste entre ses jambes. Par miracle, il n’est pas touché, mais il tombe à terre groggy. Il est seul avec un goumier, un Marmouchi à qui il devra son salut. Quand il se relève, il a, en effet, perdu le sens de l’orientation et se dirige tout droit du côté des Viets, quand, heureusement, le Marmouchi lui crie : « Bale krak machi and el Viets – Ouilli, ouilli, ienha (Attention, ne va pas vers les Viets, reviens, reviens par ici !)
    Ils repartent tous les deux, à toute jambe, pour rattraper leur unité, qui est déjà loin. Ils poussent devant eux un prisonnier capturé, au début de la bagarre, que le Marmouchi n’a pas lâché.
    Le 58ème goum, qui opérait plus à l’Est, pour faire liaison avec le BEP, n’a pas d’accrochage sérieux.
    Le GCA (goum de commandement et d’appui), qui est resté auprès de l’ancien poste de Poma est intervenu avec ses engins au profit des deux goums engagés."



    Position supposée du GCA du 1er Tabor


    (Vue prise en direction du Nord)


    Nota : Immédiatement au sud de la crête dominant le village de Poma et du côté Est de la route, un emplacement semble particulièrement indiqué pour implanter les appuis mortier. Relativement protégé sur les flancs et facilement positionnable sur le plan topographique, il offre des vues directes pour l'observation des tirs sur les deux axes de progression. En toute logique ce pourrait être là que le GCA avait du s'installer pendant que le PC avancé du commandant La Bataille occupait l'ancien poste désaffecté de Poma, de l'autre côté de la route, sur une hauteur facilitant les liaisons radio avec le PC du groupement resté à Ban Mé et les unités avancées dans la cuvette (1er Tabor et BEP)...
    Lors du repli des éléments, après le décrochage du GCA et du PC avancé, le Viet Minh tenta de s'emparer de ce col pour couper la route aux éléments retardés du 1er Tabor et du BEP en débordant par les crêtes. C'est d'ailleurs au niveau de ce col que se situe l'épisode de l'adjudant-chef Loubes, décrit par le sous-lieutenant de Pirey dans son livre et évoqué par le Lcl Le Page...

    "La réaction ennemie a été vive et rapide. Une menace par les crêtes s’est précisée sur les arrières du tabor. Elle a été poussée sur les calcaires immédiatement à l’Ouest du débouché de la route dans la cuvette.
    Le décrochage général du Tabor s’effectue vers 10 heures sous la protection du 59 ème goum et d’une compagnie du BEP pour le recueil du commando.
    Le Tabor ramène six prisonniers, mais il a du abandonner de nombreux obus de 75 et de 81 d’origine chinoise. Ses pertes s’élèvent à deux goumiers et cinq coolies tués et à huit goumiers blessés qui pourront être évacués.
    Pendant ce temps, le BEP qui était, à la pointe du jour, en position à Po Tchang avait entamé par l’Ouest une manœuvre d’encerclement et de ratissage de la cuvette. En tête, son commando, constitué d’une dizaine de Viets recrutés et choisis parmi les prisonniers, commandés par un caporal, un certain Constant, ne pas confondre, un remarquable guerrier, surprenait un autre élément de coolies-porteurs de munitions d’artillerie. Ce qui l’amenait à découvrir un dépôt de munitions, dont il s’emparait en même temps qu’il capturait l’escorte.
    La trouvaille était bonne. A l’intérieur, outre des obus de 75 et de 81, étaient précieusement rangés des éléments d’optique, dont plusieurs goniomètres boussoles. On trouvera dans les poches des hommes de l’escorte des écussons portant sur fond bleu, au dessous de deux canons entrecroisés des numéros, 35 – 42 – 48, qui témoignent de l’existence de bataillons d’artillerie VM.



    La limite extrême de progression du BEP sur l'axe Est
    (vue prise en direction du Sud)


    Le calcaire de Po Tchang
    (vue prise en direction du Nord)


    Le BEP continuait son opération de ratissage, mais comme les 58 ème et 60 ème goums avec lesquels il était en liaison à vue, il fut lui aussi pris à partie par des tirs de mitrailleuses et de mortiers de plus en plus violents. La cuvette littéralement s’embrasait, tandis que la manœuvre d’encerclement, qui avait un moment inquiété le 1er Tabor, se précisait maintenant sur le 8 ème RTM installé à Banbai, au débouché de la route. Les Viets qui rameutaient au baroud, venant par les crêtes de Ban Sien et de Ban Ban, allaient tenter de couper les assaillants de l’axe de recueil.



    Le col du poste de Poma : une course de vitesse avec l'ennemi pour le franchir...


    Le décrochage difficile dut se faire à vive allure et en formation diluée. Le repli du commando fut encore plus délicat. Retardé par les prisonniers qu’il ramenait et les instruments d’optique qu’il avait récupérés et qu’il dut, pour pouvoir rejoindre, abandonner, il arriva au débouché de la route avec les derniers éléments du 1er Tabor qui ramenait les blessés. Le BEP n’avait pas eu de pertes, seulement quelques éclopés, et ramenait une quinzaine de prisonniers.
    Le repli par l’axe de recueil s’effectuera sans anicroche. A 17 heures, toutes les unités avaient regagné leur bivouac.
    Selon des renseignements recueillis par la suite, les Viets auraient essuyé de grosses pertes. Surpris, ils cachaient mal leur déconvenue.
    Le lendemain, le général Carpentier, commandant supérieur adressait un télégramme de félicitations au Groupement « Bayard » pour la réussite de son raid sur Poma. L’opération avait été payante. Elle confirmait, en tous points, les renseignements recueillis par la ZOT, la zone et le secteur. Des prisonniers affirmaient en effet « que 12 bataillons, n’ayant pas participé à l’attaque de Dong Khê, venaient d’arriver de Chine, où ils avaient perçu leur armement. Ce qui, ajouté aux 18 bataillons qui avaient participé à cette attaque », avait noté Jean Pierre dans son carnet de route, « faisait 30 bataillons, le tout implanté dans la région, à une journée de marche soit de Dong khê, soit de That Khê. »
    Les informations recueillies précisaient en outre la présence parmi ces troupes de 2 nouveaux bataillons d’artillerie équipés de canons de 75, que le bataillon 40 avait reçu 6 pièces de 75 et que l’armement d’une compagnie d’infanterie VM comportait 9 FM – 3 mitrailleuses de 12,7 et 2 mortiers de 60, l’équivalent ou plus de l’armement d’une compagnie du BEP ».



    Laissons la conclusion de ce raid au lieutenant Stien :
    " Pour nous, les auteurs du coup de main, Poma est bien sûr un succès, mais c'est surtout une confirmation et un avertissement. Les Viets sont bien là, nombreux, agressifs, bien armés. Et, fait nouveau, ils manœuvrent rapidement. Signe évident de la qualité de leur commandement ainsi que d'une très bonne dotation en matériels de transmissions. La guerre a changé de dimension. Apparemment, nous sommes les seuls à nous en être rendus compte..."




             Ajoutons à présent à l'usage de ceux qui souhaiteraient s'aventurer en direction de Poma que ce secteur qui se situe en zone frontière nécessite une certaine prudence...
    D'une part le souvenir de l'invasion chinoise de 1979 est toujours vivace dans l'esprit des gens, d'autre part ce secteur comme toutes les zones frontalières est un endroit propice aux trafics et à la contrebande et de fait est étroitement surveillé. C'est précisemment pour cette raison que j'ai du renoncer à mon projet initial de rejoindre Ta Lung au départ de That Khê en empruntant le chemin inverse suivi par les prisonniers du camp n° 1 lors d'un déplacement que ceux ci effectuèrent vers le sud. Le sentier suivi passant exactement sur le tracé frontalier large de seulement quelques mètres entre les pitons calcaires ou le long des talwegs il était exclu de s'exposer à des problèmes...

    Suite au nouveau périple que nous avons effectué dans cette vallée en avril 2016, nous nous sommes attardés "un peu trop" devant le poste de police de Poma... Le résultat ne s'est pas fait attendre et nous avons été "invités" à entrer pour prendre contact avec le chef de poste... qui une fois dissipé le "malentendu" nous a offert le thé... sans toutefois nous demander nos passeport... Comme quoi...

    Poma : c'est marqué mais on ne va pas plus loin... zone frontière...




    Comme à l'Ecole de guerre : parler tactique face au terrain...
    mais avec le ventre plein...





    Calcaires et rizières...





    Au loin... un autre pays : la Chine






    Une population accueillante...




    Des enfants qui ne voient pas beaucoup de visiteurs occidentaux...





    Les traces du passé...


    Sans aller au delà de Po Tchang, la randonnée sur Poma est toutefois un parcours à effectuer car l'environnement naturel autant que l'accueil des habitants y est un réel plaisir...
    Voici d'ailleurs ce qu'écrivait le lieutenant Stien :
    " Nous débouchons dans la cuvette de Poma. Je reconnais fort bien les lieux de notre raid de septembre 1950, alors que notre bataillon venait renforcer That Khê. Les pieds nus maintenant bien protégés par une épaisse couche de corne, je n'ai plus besoin de marcher les yeux au sol afin d'éviter les cailloux trop pointus. je suis sur la piste même où, il y a deux ans,après nous être enfoncés de nuit dans le dispositif viet, je me suis replié au galop avec mes partisans, ainsi que notre précieuse moisson de prisonniers viets et de documents. Ça claquait de partout , nos chasseurs et notre artillerie intervenant au plus près pour bloquer les colonnes de bo doïs lancées à nos trousses. Cette fois-ci, je parcours la route en touriste "accompagné". Le paysage à la chinoise est splendide, en 1950 je ne m'en étais guère rendu compte. Question de situation, une magnifique colline perd tout son attrait quand elle est truffée de mitrailleuses qui vous tirent dessus. Et le pas gymnastique qui s'en suit ne rend évidemment pas contemplatif."




    Si vous décidez d'y aller, bonne route !

    Publié par   Jean luc Martin    à 05:02     1 commentaire:

    Libellés : [url=http://indochine-images.blogspot.com/search/label/That Kh%C3%AA]That Khê[/url]


    mercredi 7 mai 2014

    That Khê



             Une fois franchi le Song Ky Cong, l'ex RC 4 traverse la plaine de That Khê pour entrer dans ce village rue. De part et d'autres de la localité s'étendent des rizières et même si de nombreuses maisons ont été bâties depuis les années cinquante, il n'est pas trop difficile de s'y retrouver.


    Ceux qui désirent faire étape à That Khê peuvent se reporter à l'article écrit précedemment et qui donne les coordonnées d'un hôtel relativement confortable et propre.


    Les entrées sud-est de That Khê


    La plaine située à l'ouest du village



    That Khê en 1950


    That Khê ne présente guère d'intérêt dans la mesure où les seuls endroits qui mériteraient un arrêt sont l'ancienne citadelle et la chapelle.
    Comme c'est le cas presque partout, la citadelle des Français est aujourd'hui occupée par l'armée populaire vietnamienne et il est donc impossible d'y pénétrer ou d'y prendre des photographies.
    Sur la photo ci-dessous, on aperçoit distinctement l'ancienne citadellelle. Il semblerait que cette photo ait été prise lors du parachutage de la première vague du 1er BEP (PC, 1er et 3ème cies) effectué le 17 septembre 1950 après midi ou du reliquat le jour suivant, afin de couvrir la progression de la colonne Lepage qui remontait depuis Na Cham en direction du nord.

    Agrandir cette image




    Lors de sa progression le PC du colonel Lepage s'installa dans cette citadelle pendant que les unités de la colonne effectuaient des reconnaissances en direction du col de Lung Phaï.
    Le groupement Lepage a stationné une dizaine de jours à That khê (jusqu'au 30 septembre 1950) avant de reprendre sa progression vers Dong Khê. C'est à partir de cette localité que fut lancé le 23 septembre le raid sur Poma (1er BEP et 1er Tabor), hameau situé à une quinzaine de kilomètres en direction du nord-est (vers la frontière chinoise), raid qui permit le recueil d'un important et précieux renseignement qui malheureusement ne fut pas pris en compte par le commandement à Lang Son et à Hanoï. L'interrogatoire des prisonneirs et l'exploitation des documents montraient clairement que l'ennemi, après avoir franchi la frontière avec ses éléments de manoeuvre et regroupé ses forces régionales, était à l'affut avec d'importants moyens (30.000 hommes) en vue de s'emparer de That Khê...
    La citadelle de That Khê en 1950

    La photo ci-dessous montre l'ancienne porte de la citadelle : un espace vert a été implanté entre la route et l'enceinte ce qui permet sous couvert de photos du jardin et de la stèle commémoratrice de photographier cette emprise.




    La porte d'entrée de l'ancienne citadelle de That Khê


    Le détail de la porte montre que les ancienne ancres de la coloniale sont toujours en place même si les symboles qui figuraient au dessus ont été recouverts...


    Détail de la porte


    Le monument commémoratif des combats de 1950




    La chapelle est par contre aisément accessible et on peut se reporter à l'article écrit précedemment (Le difficile devoir de mémoire sur la RC 4) pour se faire une idée plus précise de ce bâtiment qui fera l'objet d'une réhabilitation...
    La chapelle de That Khê




    Le seul vestige visible des combats de 1950 est en fait la carcasse de cette auto-mitrailleuse récupérée après l'évacuation d'octobre 1950 et qui a été installée sur un socle de bêton dans l'enceinte de la caserne de police. Même si l'engin est visible depuis la route il est plus prudent de demander l'autorisation au planton de pour le photographier.
    Lors de notre passage nous avons essuyé un refus puis en insistant nous avons finalement été autorisé à prendre en photo cette épave... mais sous le contrôle du policier de service...
     


    Une des auto-mitrailleuses du peloton du Lt Pascal


    Antoine à la recherche de détails...




    Une fois dépassées les sorties nord du village on peut poursuivre en direction de Dong Khê, situé à environ 24 km de That Khê : très rapidement la route atteint les contreforts des massifs qui se succèdent jusqu'à la côte 703, mouvement de terrain entré dans l'histoire et qui domine le col de Lung Phaï.
    La plaine nord-ouest de That Khê


    La RC 4 entre les sorties nord de That Khê et le pont Bascou


    Les contreforts des mouvements de terrain séparant That Khê de Dong Khê


    La RC 4 en direction du pont Bascou

    Un vestige qui a vu passer les hommes de la colonne Lepage...


    A quatre kilomètres au nord de That Khê on arrive enfin sur le pont Bascou, site qui fera l'objet du prochain article car c'est à prtir de cet endroit que l'on entame la montée du col de Loung Phaï...


    L'arrivée sur le pont Bascou










































    Publié par   Jean luc Martin    à 20:24     2 commentaires:
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