Le Pont-Long à Pau

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le Pont-Long à Pau

Message par Admin le Lun 1 Mai - 11:29

En matière d’aviation aujourd'hui nous fréquentons PAU PYRENEES.
Il y a quelques années nous parlions de PAU UZEIN. Certains qui ont participé aux compagnies tournantes s'en souviennent en raison des avions du COTAM.

Mais si l’on remonte encore plus loin dans le temps nous parlons de champ d’aviation, comme on disait au début du 20eme siècle, et plus précisément nous parlerions de l’école d’aviation du Pont-Long à Pau.

Que distance parcourue depuis le premier terrain, celui que Wilbur Wright découvrit en 1909. Ce "champ d'aviation" comme on disait à l'époque, c'était environ 40 hectares que la ville de Pau et le Comité d'aviation louaient au Syndicat des bergers du Haut-Ossau dans la lande du Pont-Long.
















Dans le courant du mois de février 2008, les lecteurs de La République ont appris avec stupeur la démolition de hangars, situés dans l’enceinte de l’ETAP au Pont-Long (banlieue nord de Pau). Ces hangars avaient servi à la formation des pilotes de chasse de la première guerre mondiale.
Ce lieu fut tout simplement le véritable point de départ de l’épopée de l’aviation en France. Les frères Wright, à la pointe de l’aviation mondiale, étaient venus y effectuer des essais en 1909 devant un parterre de nombreuses personnalités dont Louis Barthou, le roi d’Espagne Alphonse XIII et le roi d’Angleterre, Édouard VI. Par la suite, les plus grands aviateurs français étaient venus s’installer au Pont-Long, dont Blériot, le vainqueur de la Manche.
Le sentiment manifesté par les personnes qui ont fait connaître leur opinion, est l’écœurement .
c’est aussi le mien. En tout premier lieu, c’est fouler au pied le souvenir des pilotes formés à cet endroit et morts pour leur pays .. Ensuite, ce sont des éléments qui sont partie prenante, non seulement de l’histoire du Béarn, mais aussi de l’histoire de France.
Outre leur signification historique, il faut savoir que les bâtiments en question présentaient un intérêt culturel et architectural : ils avaient été conçus par Eiffel (excusez du peu) et étaient les derniers exemplaires de ce type encore debout.

A la lecture de ce qu’on peut appeler une catastrophe, j’ai fait instantanément le rapprochement avec la mort de Cannelle, dernière ourse béarnaise de souche.
Dans les deux cas, il s’agit d’une issue irréversible, dans les deux cas, l’irréversibilité était largement évitable, dans les deux cas, de nombreuses personnes ont alerté les pouvoirs publics sur les risques d’une issue fatale, sans trouver d’oreilles suffisamment sensibles et compréhensives.
Deux élues sont scandalisées après coup .. Je ne doute pas de la sincérité de leur émotion, mais que n’eussent-elles fait tout leur possible avant que n’ait lieu l’inéluctable, et à défaut, alerté l’opinion publique sur les risques encourus? Encore ont-elles eu le mérite de se prononcer...
Comment a-t-on laissé se détériorer peu à peu ces hangars uniques Il est quand même invraisemblable qu’un tel fait ait pu se produire, si on pense à tous les élus béarnais présents ou passés, qui ont de près ou de loin été en contact avec le dossier et/ou qui avaient la possibilité d’intervenir avec efficience pour éviter le pire. Ils méritent une huée générale.

Du seul point de vue architectural, on peut faire un petit rapprochement avec la serre qui se trouve au zoo d’Asson. Cette serre provient de l’Exposition Universelle de Paris de 1900 et a été classée en 2001 dans l’Inventaire général des Monuments Historiques .. donc sauvegardée.
Que n’eut t-on procédé de la même manière avec les hangars ? En outre, il est tout de même paradoxal, qu’à l’heure où on reconstruit un bâtiment similaire à l’original dans l’ancien camp de Gurs –ce qui est une bonne chose- , on laisse détruire de vrais bâtiments d’origine . Ce qui indique que le concret est indispensable pour se faire une idée plus précise sur les évènements réels. Ayant visité le camp d’Auschwitz, j’ai pu vérifier cela..
Se pose la question du patrimoine .. Au vu des évènements, on peut se demander si les « décideurs » ,les "personnes de pouvoir", ont seulement conscience de ce que recouvre ce concept, de ce qui en relève. Parallèlement, en Béarn, on s’apprête à casser, à creuser, à trancher; on envisage la construction de routes en tous sens - en dépit des conclusions formelles du Grenelle de l’Environnement- , on envisage le passage d’une ligne à très haute tension à destination de l’Espagne, l’enfouissement de CO2. On a déjà une usine de type Seveso "haut", dans l’étroite vallée d’Aspe, elle aussi potentiellement porteuse de dégâts irréversibles. Bonjour le patrimoine !!! Les routes en question vont défigurer, trancher le Béarn du nord au sud, passant à travers un ravissant secteur collinaire, défiguré irréversiblement. Il suffit d’aller se promener sur les tracés prévus pour la construction des routes pour prendre instantanément conscience de l’importance des dégâts corollaires occasionnés. L’emprise de ces routes équivaudrait au minimum à la superficie d’une dizaine de communes béarnaises de taille moyenne !!!
Il faut savoir que ces projets vont de pair avec la création ou l’extension de carrières, elles aussi défigurant, ô combien, le paysage.. Il suffit d’aller se promener autour d’Asasp, pour en prendre immédiatement conscience de visu.
En fin de compte, tout se passe comme si tout ce qui ne relevait pas du commercial n’avait aucune valeur.
HD
avatar
Admin
Admin

Messages : 65
Date d'inscription : 21/04/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://www.campidron.fr

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum