CNEC MONT-LOUIS

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CNEC MONT-LOUIS

Message par patrouille de nuit le Lun 1 Mai - 17:56

Construite ex-nihilo entre 1679 et 1681 pour tenir le verrou stratégique au carrefour des vallées du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne, la cité fortifiée de Mont-Louis fait partie des douze sites créés par Vauban qui ont été inscrits en 2008 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette reconnaissance internationale est la traduction du caractère exceptionnel de l’environnement dans lequel le Centre National d'Entraînement Commando (CNEC) évolue depuis son installation dans la citadelle en 1964. Il est d’ailleurs l’une des dernières unités militaires à occuper un ouvrage conçu par Vauban, ce qui le rend de fait acteur de cette dynamique.

Le CNEC trouve ses origines dans l’épopée du 1er Bataillon Parachutiste de Choc et des groupes de commando – d'Afrique, de Provence, de Cluny, de Paris et de France – qui prirent une part active à la libération de la France de 1943 à 1945, notamment en Corse, en Provence, et en Alsace. Le CNEC perpétue le souvenir de ces unités glorieuses et assure la garde de leurs fanions et emblèmes. En souvenir du 1er Bataillon de Choc, la devise du CNEC est : "EN POINTE TOUJOURS"

Fier de l’héritage et de l’esprit des troupes de choc, le CNEC a aujourd’hui pour mission de dispenser des formations qualifiantes, principalement aux cadres de l’armée de terre, mais également de contribuer à l’aguerrissement des élèves des écoles de formation initiale et des unités des forces terrestres. Son expertise est reconnue, y compris au-delà de l’institution militaire ou de nos frontières. Il accueille ainsi régulièrement des cadres issus d'armées étrangères, et entretient des liens privilégiés avec des partenaires aussi différents que des administrations (gendarmes, policiers, pompiers), des journalistes accrédités « Défense », des équipes sportives, des entreprises ou des universités civiles.

Répartie en différents niveaux de difficultés, l'instruction dispensée par le CNEC porte sur l'acquisition ou le développement des techniques commando ; elle combine notamment les savoir-faire propres aux différents types de franchissement, au combat au corps à corps, au tir de combat, à l'emploi des explosifs et à la survie en milieu hostile. Ces activités sont aussi l'occasion pour les stagiaires d’acquérir l'esprit commando, du nom de ces soldats sélectionnés et entraînés pour exécuter les actions les plus audacieuses, dans les conditions les plus difficiles, le plus souvent sur les arrières ennemis. En effet, sans une forte cohésion au sein du groupe, sans la volonté de chacun de dépasser ses propres limites et de s'adapter à l'imprévu, sans débrouillardise ni intelligence de situation, toute action est vouée à l'échec.

Bien connue des parachutistes militaires, friands de stage commando ( si si ) cette citadelle a aussi une histoire particulière !




Construite par Vauban de 1679 à 1681, la citadelle de Mont-louis jouera un grand rôle dans le traité des Pyrénées à la Révolution française.

Depuis sa création en 1679, Mont-Louis vit une histoire militaire tout à fait particulière. Au-delà des décisions politiques de Louis XIV, des plans éclairés de l'architecte Vauban et de la très active et rigoureuse surveillance du ministre de la guerre, Louvois, et depuis 326 ans, les acteurs de cette place sont les soldats ! S
uite au Traité des Pyrénées en 1659 et à la demande du roi Louis XIV qui souhaite sécuriser ce territoire nouvellement restitué par l'Espagne, Vauban, Commissaire général des fortifications conçoit cette place-forte ex nihilo en 1679. La situation stratégique privilégiée, au carrefour des territoires du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne, détermine le choix définitif du site. De plus, cet emplacement permet d'avoir à proximité matériaux, pacages, moulins, bois et cultures.
Mont-Louis est conçu selon un étagement en deux zones : la citadelle et la ville.
Au projet original, une ville basse pour les vivandiers, écuries et magasins à fourrage, ainsi qu'une redoute ne furent jamais édifiées, faute de moyens.
Pour la citadelle militaire, dont la portée de la vue s'étend du Canigou à la Sierra del Cadi, les défenses s'organisent autour des principes caractéristiques à Vauban : bastions, courtines talutées et demi-lunes. Si la chapelle, l'arsenal, deux magasins à poudre sont réalisés, il manquera toujours la maison du gouverneur, le logement des aumôniers et la halle prévue "pour mettre les soldats à couvert".
Vauban organise ensuite, selon des principes simples, l'agencement interne de la ville neuve pour loger une petite bourgeoisie d'artisans avec des casernes d'infanterie, de part et d'autre de l'unique porte d'entrée. Elle répond ainsi aux exigences militaires, offre un urbanisme pratique, présentant un aspect ordonné et sobre, où les lieux du commandement, du combat et des activités civiles s'intègrent harmonieusement.


En cette période de paix provisoire, les soldats seront l'essentiel de la main d'oeuvre, en particulier les régiments de Vierzet-Famechon, Stoppa Brendelé, Furstemberg et Castries. Ces soldats sont nombreux, - 3.700 sont présents lors de la visite de Louvois en 1680 - installés aux abords de Mont-Louis, journellement mal payés pour une rude tâche, souvent effectuée dans des conditions difficiles, soumises en particulier à la rigueur du climat de Mont-Louis. Ils sont encadrés par des artisans spécialisés (maçons, tailleurs de pierre, charpentiers, menuisiers, forgerons, puisatiers...), puis surveillés par les intendants et ingénieurs à la solde du roi. Le prestige de l'uniforme est sacrifié à la petitesse de ces travaux de terrassier.

En 1681, soit vingt-neuf mois après le voyage de Vauban, l'essentiel des travaux est terminé, la place est considérée en état de défense. Et le 26 octobre, le premier gouverneur, François de Fortia, marquis de Durban prend possession des lieux lors d'une fastueuse célébration, au milieu "de grandes acclamations de Vive le Roi ! des peuples de Cerdagne qui s'y trouvèrent en grand nombre et ravis de voir telle cérémonie". Dès lors, Mont-Louis marque l'ultime frontière militaire méridionale et permet de garder un oeil sur la place-forte de Puigcerdà en Cerdagne espagnole. L'excellence du choix perdurera au fil des siècles jusqu'à nos jours.

En 1793, la place est au coeur des événements militaires de Cerdagne. Mont-Louis devient Mont-Libre. Profitant du chaos côté français, le roi d'Espagne prétend mettre à la raison les régicides français et ses troupes envahissent tout le territoire des Pyrénées-Orientales. En Cerdagne, le général Dagobert repoussera par deux fois les Espagnols. En juillet 1793, les troupes espagnoles qui occupent le Col de la Perche sont mises en déroute et en septembre, celles installées au-dessus de Canaveilles sont défaites de belle manière. Le général Dagobert poursuivra son oeuvre en investissant la Cerdagne espagnole et Puigcerdà, où il mourra en 1794. (Monument Dagobert, place de l'église).
La paix intervient le 1er août 1795, Mont-Libre joue alors essentiellement un rôle d'entrepôt pour l'armée de Cerdagne. Le 24 octobre 1803, Mont-Libre redevient Mont-Louis. A partir de 1808, Mont-Louis devient un vaste camp de passage et un hôpital pour l'armée d'Espagne. Avec la Restauration, la valeur défensive de Mont-Louis apparaît plus liée à la topographie qu'à la citadelle elle-même. Les travaux reprennent avec fébrilité à partir de 1887 pour revaloriser l'organisation défensive de Mont-Louis, en particulier sur les alentours.


Les derniers conflits mondiaux verront leur flot d'émigrés entassés dans l'enceinte de la citadelle, lors de la guerre d'Espagne en 1936 avant une occupation allemande, puis une libération par les Forces Françaises Libres. En 1946, la citadelle retrouve sa fonction première de place-forte militaire, avec l'installation du 11e BPC, puis en 1964, du Centre National d'Entraînement Commando.
Ce pôle d'expertise français dans le domaine de la formation commando, instruit les cadres (officiers, sous-officiers et militaires du rang) des armées de terre et de l'air, de la gendarmerie nationale ou des armées étrangères, mais c'est aussi un centre de formation avec des compétences spécifiques pour les journalistes reporters de guerre, étudiants STAPS, sportifs de haut niveau et personnel des ministères de la justice ou de l'intérieur...



Mais la citadelle conserve un élément d'architecture unique, le Puits des Forçats, avec son immense roue permettant l'alimentation en eau de la place (visitable toute l'année). Les murs de la ville renferment également le premier four solaire à double concentration construit en 1949, (visitable toute l'année). Son église, dédiée au vocable de St Louis, est construite à partir de 1733, sur le modèle de la chapelle de la citadelle. A l'intérieur, une série de retables baroques roussillonnais des XVIIe et XVIIIe siècles avec un très beau Christ en bois peint polychrome (XVIIe siècle) d'inspiration rhénane.

patrouille de nuit

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Date d'inscription : 30/04/2017

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