le bataillon de Joinville, clap de fin en 2001

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le bataillon de Joinville, clap de fin en 2001

Message par vent du sud le Mar 2 Mai - 11:03



Rappelons, ce n'est pas inutile, que le Bataillon a été présent au camp du Hameau de Pau dans les années 60.

20.000 jeunes champions de France y ont fait leur service militaire.

Le BJ a fermé ses portes en octobre 2001. Souvenirs de la classe.

Ils entraient là sur leur vélo, en poussant un ballon, en courant ou en ramant, en plaquant ou en visant, parfois même en skiant ou même en smashant.

Vingt mille sportifs de haut et même de très haut niveau ont porté au fil des classes les couleurs de ce Bataillon devenu, en 1967 l'EIS, Ecole interarmée des Sports.

Le Bataillon de Joinville, pour tous, le « BJ », a officiellement fermé ses portes jeudi. Le départ des derniers conscrits expédie au musée des générations de champions en uniforme, ou, plus souvent en survêtement, bleu, évidemment.

« Lorsque je suis arrivé à l'armée, je ne connaissais pas grand chose au sport comme à la vie, se souvient Walter Spanghero. J'arrivais de Bram, près de Castelnaudary, et j'ai découvert un autre monde. Je jouais tous les dimanches sur mes qualités naturelles sans me poser de questions. Là, j'ai appris ce qu'était un entraînement, une séance de musculation, j'ai appris à respecter les temps de récupération sur le terrain. Il y avait des installations extraordinaires, très modernes, jusqu'au sauna. On nous apprenait aussi la diététique... C'est là aussi que j'ai su que je n'étais jamais en forme! Oui, plus je m'entraînais et moins j'étais en condition... selon les instruments du professeur Escande. Le dimanche, je courais comme un lapin et en semaine, d'après ses constatations, j'étais hors de forme. Je crois que je n'étais pas fait pour ces appareils... » Des témoignages comme celui du célèbre rugbyman, on en trouve des centaines sur le livre d'or du Bataillon.

Pluie de grenades sur Walter Spanghero!
Compagnon de chambrée de Walter, (il dormait dans le lit du dessus, le Narbonnais dans celui du dessous), Christian Carrère se souvient. « Nous participions à des grandes manoeuvres de TAM; les trois armées terre- air-mer étaient engagées dans l'affaire. Nous nous sommes retrouvés « ennemis » dans des camps opposés. J'avais été désigné comme chef de groupe avec mission de défendre un secteur en forêt. J'avais planqué mes hommes dans les fourrés en leur recommandant de ne pas bouger un cil avant mon signal... Walter, « l'ennemi », s'avance seul devant son groupe, portant un fusil mitrailleur, impérial comme Obélix. Je le laisse prendre une avance suffisante et je donne le signal: une pluie de grenades s'abat sur lui, des grenades bourrées de plâtre. Et voilà mon Walter, couvert de poudre blanche de la tête aux pieds, soufflant, éructant, hurlant de fureur. Selon la règle du jeu, il était notre prisonnier. Nous avions gagné notre petite guerre, mais, vaincu, il en était le héros! Une fois calmé, il a bien ri des péripéties de cette embuscade... »
Née en 1852, l'Ecole de Joinville a donné son nom au BJ installé depuis à Fontainebleau, sur un site magnifique de cinquante hectares. Après les catastrophiques résultats des Jeux Olympiques de Rome en 1960, le sérieux du Bataillon a largement contribué au redressement du sport tricolore. Dans toutes les disciplines, les meilleurs éléments bénéficiaient là de conditions idéales pour les entraînements mais aussi les compétitions.

Larios n'aimait pas ramasser les feuilles
Le service militaire à la sauce Joinville a également permis de bousculer quelques barrières. Même si d'inévitables clans naissaient sous les drapeaux, de nombreuses amitiés se sont tissées là, un soir de fête, sur un parcours du combattant ou lors d'une corvée. Jean-François Larios, le footballeur palois, n'appréciait pas trop cet aspect du service. « Après le 1er août, je devais rejoindre l'armée, le Bataillon de Joinville. Je n'étais pas extrêmement enthousiaste: les cheveux rasés, les corvées, les gardes, le ramassage des feuilles tout cela ne me paraissait pas très excitant. Pourtant, le Bataillon présentait l'avantage de nous offrir un excellent entraîneur, Joseph Mercier, et une remarquable préparation physique ».
D'autres par contre ont pris très à coeur leur « sélection » à Joinville. Pour Bernard Vallet, le coureur cycliste, ce fut un véritable honneur. « Une fierté, un souvenir inoubliable, la naissance de nouvelles forces, de nouvelles motivations... » Le Drômois n'avait qu'un regret: la qualité de la nourriture.
Désormais, plus d'appelés dans l'armée française, seulement des volontaires. Pour eux, et dans quelques disciplines seulement, on va aménager un régime spécial. Les skieurs (Chamonix), les triathlètes (Montpellier), les cavaliers (Fontainebleau), les parachutistes (Gap), les marins (probablement dans la région de Brest) et les tireurs (sur un site à déterminer) pourront continuer à progresser dans leur spécialité au sein même de leur arme. Ils continueront, d'une certaine manière, à témoigner d'un passé très riche, une fois la page définitivement tournée.

Un Décathlon géant à Fontainebleau?
Que deviendra l'Ecole de Fontainebleau? Marie-Georges Buffet expliquait-il y a quelques jours qu'elle souhaitait voir naître là, un centre de formation exceptionnel, peut-être au sein d'une université européenne du sport. « Ce n'est qu'une idée, il faudrait des gros sous et quelques postes budgétaires », a précisé la ministre de la Jeunesse et des Sports qui souhaite, sur ce dossier, un dialogue avec d'autres ministères, celui de l'Education nationale, par exemple. De son côté, celui de la Défense, contraint désormais de s'autofinancer en partie, ne va pas abandonner son superbe site de Fontainebleau sans compensations financières.

Le conseil général de Seine- et-Marne, lui, aimerait proposer ce centre à des fédérations pour créer des pôles d'entraînement. Enfin, Décathlon, spécialiste des équipements sportifs a pensé à Joinville pour y implanter un hypermarché, une sorte de super stade où les clients pourraient tester les articles avant de les acheter...

On ne marchera plus au pas à Fontainebleau au camp Guynemer, on ne hissera plus les couleurs, on ne fêtera plus la quille, mais on va quand même continuer à parler de sport en ces lieux chargés d'histoire (petite et grande). Le décor du BJ aujourd'hui disparu.

"source la dépêche"

vent du sud

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